La business intelligence de demain : tendances

La nécessité pour les entreprises de connaitre leur environnement et d’y détecter les opportunités et les risques a fait naitre les pratiques d’intelligence économique. Analyser l’environnement juridique, fiscal, géopolitique, financier et surtout commercial est une pratique répandue. On lui associe maintenant la notion gestion du risque, qui en est une extension naturelle.

La business intelligence est une forme simplifiée mais pourtant vitale d’intelligence économique. Il s’agit de suivre les performances des processus de l’entreprise, et de les comparer au marché (benchmark) et à des objectifs fixés préalablement (budget). Par exemple, on souhaitera connaitre la croissance d’un segment de marché et la comparer à celle des concurrents.

Bien souvent, il y a confusion entre les pratiques et les objectifs de la business intelligence, et les outils à mettre en œuvre pour y parvenir. En effet, suivre les performances oblige en premier lieu à pouvoir collecter les données brutes, où qu’elles soient, et à les présenter aux utilisateurs sous la forme qui leur convient le mieux. Les outils de business intelligence remplissent cette tâche, et l’on distingue habituellement trois niveaux :

La collecte des données et la transformation en information exploitable est assurée par l’ETL (extraction, transformation, loading)

Le stockage et la modélisation sous une forme compatible avec les outils de restitution sont assurés par le DataWarehouse

La restitution sur l’écran de l’utilisateur par les outils de reporting : tableaux de bord, analyses dans excel ou en web, rapports sous forme de liste, etc

Sans solution décisionnelle, le besoin d’analyse est couvert par des états statiques de reporting dans l’ERP ou par des états préparés manuellement dans Excel, qui présentent de nombreux inconvénients (temps de préparation, erreurs, lourdeurs des fichiers, pas de partage, pas d’accès en libre-service, etc).

Si la Business Intelligence est en forte expansion, c’est parce que les sociétés ont pris conscience de la nécessité de fournir à chacun l’information la plus récente et la plus personnalisée possible. La connaissance des informations est une condition de performance et de survie dans un environnement complexe et fortement concurrentiel.

On peut dégager plusieurs tendances dans les évolutions de la business intelligence.

En premier lieu, les éditeurs tendent à fournir aux utilisateurs une grande autonomie. A partir d’un DataWarehouse structuré, chaque utilisateur doit pouvoir construire ses états de manière indépendante. Ceci concerne le reporting et les applicatifs complémentaires tels que la budgétisation. Cette tendance n’est pas sans risques (incohérence des états, gestion des habilitations, performance, pas de « single vision of truth »…) mais répond à un vrai besoin de la part des utilisateurs.

Ensuite, la business intelligence a longtemps été isolée des autres applications, car elle faisait appel à des outils spécifiques. L’utilisateur préfère pourtant n’avoir accès qu’à une seule application lui apportant tout ce dont il a besoin, que ce soit ERP, Mails, BI, etc. C’est notamment ce que propose le SOA et notamment le Visual Composer, outil de développement (compris dans NetWeaver) qui permet de construire des applications web composites. Ainsi, un utilisateur peut parfaitement analyser des données issues de BW, passer une commande, lire ses mails et suivre un workflow au sein d’une même page. Chaque élément de la page est en interaction avec les autres.

Et ceci contribue à prendre une décision et à agir sur le même écran. Le terme de « Décisionnel », traduction française pour « Business Intelligence », prend alors tout son sens.

Parmi les autres tendances, citons particulièrement l’optimisation de la performance de restitution par la mise en mémoire des données du DataWarehouse (BI-Accelerator,, BusinessObjects Explorer), l’application de la BI à des données non quantitatives (réseaux sociaux, analyse de texte, moteur de recherche sur documents, etc) et l’arrivée des solutions BI sous forme de Saas (Software As A Service, on-demand, etc).

Enfin, on observe l’importance croissante de la dimension « métier » dans les projets décisionnels. Ceci a été illustré par l’achat de BO par SAP, et Hyperion par Oracle. La BI n’est plus perçue comme un simple outil. Il s’agit de traiter une problématique opérationnelle ou stratégique. La BI doit répondre à des questions telles que « comment puis-je améliorer ma marge ?», « quels sont les articles ayant une rotation faible ?», « est-ce que nous appliquons bien les normes comptables ? », « quelles sont les perspectives de rentabilité de tel secteur ? », etc.

Les tendances de la BI sont parfois contradictoires et montrent l’étendue des besoins dans ce domaine. Si l’on fait la somme des compétences requises (Technique, SOA, Portail, ERP, Process, BI, Devt, etc), on perçoit bien la complexité des futurs projets BI. Pour les intégrateurs, la capacité de constituer des équipes projets appropriées et aux compétences multiples sera une garantie de qualité très recherchée par leurs clients.

 

About the Author

Laurent Allais
Laurent ALLAIS est expert en solutions d'élaboration budgétaire, business intelligence et pilotage des performances (CPM - FP&A), avec près de 20 ans d'expérience dans ce domaine. Il intervient dans l'aide au choix de solutions, l'analyse des besoins métier et la mise en oeuvre d'Adaptive Insights, leader mondial des solutions cloud Financial Planning & Analysis. Après avoir fondé Artens et dirigé l'activité BI-CPM de Viséo, il fonde Alsight en 2012, spécialiste d'Adaptive Insights en France. Alsight a rejoint Génération Conseil en 2019. Il est intervenu chez plus de 50 clients, dont Renault, PSA, AGF, Embraer, Airbus, UCPA, Mega, Lizéo, Elitechgroup, Roquette, Pimkie, Chanel, L'Oréal et Fnac. Contact : Laurent.allais@expandbi.com